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ACHATS PUBLICS DURABLES : Le Sénégal prend les devants sur les APD

Si le concept des Achats publics durables (APD) est relativement nouveau et n’est pas très ancré dans les mœurs dans beaucoup de pays africains, au Sénégal c’est loin d’être le cas. En plus de l’introduction de clauses sociales et environnementales dans les documents de passations des marchés publics, le Sénégal s’est doté d’un guide de priorisation pour l’insertion de critères de durabilité. L’annonce est du Directeur général de l’Autorité de régulation de la commande publique (Arcop) Sénégal, lors de l’ouverture du séminaire de formation sur cette approche organisée par la Banque mondiale du 22 au 26 avril dernier à Dakar.

L’AS – En plus de l’introduction de clauses sociales et environnementales dans les documents de passations des marchés publics, le Sénégal s’est doté d’un guide de priorisation pour l’insertion de critères de durabilité. L’annonce est du Directeur général de l’Autorité de régulation de la commande publique (Arcop).
Saër Niang s’exprimait hier, en marge d’une formation sur la commande publique durable dont l’objectif est « d’approfondir » et « d’améliorer les compétences » en matière d’intégration de la durabilité dans les marchés publics. La session de formation financée par la Banque mondiale regroupe une vingtaine d’experts de pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre et va se poursuivre à Dakar jusqu’à vendredi prochain.

Cette formation, selon le Directeur général de l’Arcop, est un prolongement des activités déjà entamées avec des partenaires au développement avec la production d’un plan d’actions sur les Achats publics durables. Dans son allocution, Saër Niang a fait savoir que les APD visent à intégrer les considérations économiques, sociales et environnementales dans le cycle de passation des marchés publics. En plus de présenter d’énormes avantages potentiels, les APD, dira-t-il, épousent parfaitement les objectifs de développement durable des Nations unies et la mission révisée de la Banque mondiale visant à mettre fin à l’extrême pauvreté et à stimuler la prospérité sur une planète vivable.

Sous ce rapport, à en croire le Directeur général de l’Arcop, le nouveau Code des marchés publics au Sénégal exige désormais des autorités contractantes des achats écologiques et des techniques réduisant l’impact nocif sur l’environnement. « Au Sénégal, les marchés publics qui constituent un mode de mise en œuvre des politiques publiques représentent un budget estimé à près de 4 000 milliards de FCFA. Avec une manne financière aussi importante, les autorités contractantes sont en mesure d’entraîner des améliorations environnementales, sociales et financières substantielles. Elles peuvent également exercer une influence considérable sur le marché dans sa globalité en le faisant évoluer vers l’approvisionnement généralisé en produits et services « durables », a-t-il indiqué.
Au Sénégal, les achats publics durables sont consacrés dans le cadre réglementaire et législatif de la commande publique et reposent sur 3 piliers, selon le Directeur général de l’Arcop. Il y a le pilier économique garantissant un accès privilégié des Pme et des acteurs de l’économie sociale et solidaire à la commande publique. Le pilier social favorisant la protection et garantissant l’accès à l’emploi pour les Enfin, le pilier environnemental est devenu un aspect essentiel dans tous les achats publics. Dans une allocution prononcée lors de l’ouverture de la session de formation, le Directeur des Opérations de la Banque mondiale a fait noter que les achats publics durables transcendent l’idée d’un simple slogan ou d’un concept à la mode. Ils sont en train de devenir, selon Pierre Xavier Bonneau, un principe clé de gouvernance. La Banque mondiale a intégré cette réalité dans sa vision renouvelée, a-t-il fait savoir avant d’ajouter que « l’objectif est de couvrir tous les domaines, du cadre législatif des achats durables à l’application des outils APD, en nous concentrant sur l’amélioration des compétences et l’évaluation de l’impact de nos actions ».

Abou SY   l’AS