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Exclusion des jeunes, des femmes, des handicapés dans des marchés publics : Quels mécanismes pour accorder des préférences aux couches vulnérables ?

Le directeur général de l’Autorité de régulation des commandes publiques (Arcop), Saër Niang, a déclaré, hier, que les jeunes, les femmes et les personnes vivant avec un handicap sont en général exclus des marchés publics. Selon lui, le défi à relever, aujourd’hui, est de trouver des mécanismes qui accordent des préférences et des faveurs à ces catégories, pour pouvoir les inclure dans les marchés publics, en tenant en compte le handicap qui les freine. Il l’a dit au cours de la cérémonie d’ouverture de la semaine de formation organisée par la Banque mondiale, en association avec l’Arcop.

La Banque mondiale, en association avec l’Autorité de régulation de la commande publique (Arcop), a organisé, hier, à Dakar, une semaine de formation sur les achats publics durables (APD). Au cours des échanges, le directeur général de l’Arcop, Saër Niang, a souligné que les personnes vivant avec un handicap, les jeunes, qui constituent une composante importante de la population et les femmes sont exclus des marchés publics.

Pour lui, «la problématique est de trouver absolument des mécanismes qui accordent des préférences et des faveurs à ces catégories. Ce, poursuit-il, pour pouvoir les inclure dans les marchés publics, pour qu’ils puissent également accéder et gagner des marchés en tenant en compte du handicap qui les freine et qui fait que la concurrence ne les favorise pas».

En effet, a expliqué M. Niang, «les achats publics durables (APD) se présentent aujourd’hui comme un concept stratégique visant à intégrer les considérations économiques, sociales et environnemen- tales dans le cycle de passation des marchés publics. En plus de présenter d’énormes avantages potentiels, les APD épousent parfaitement les objectifs de développement durable des Nations Unies et la mission révisée de la Banque mondiale visant à mettre fin à l’extrême pauvreté et à stimuler la prospérité sur une planète vivable ».

Par la même occasion, Saër Niang a souligné que «la collaboration entre l’Arcop et la Banque mon- diale a atteint sa vitesse de croisière tout en interpellant le maximum d’acteurs et parties prenantes incontournables dans la promotion d’un développement économique durable».

En effet, a-t-il ajouté, au-delà des stratégies et politiques nationales appuyées pour contribuer aux objectifs de développement, la Banque mondiale oriente son engagement dans l’appui au verdisse- ment de l’économie. D’après lui, leur collaboration permettra sans doute de jeter toutes les bases de la transformation durable et inclusive de l’économie sénégalaise.
Dans la même veine, le DG de l’Arcop a souligné que «la nature souffre et nous envoie des signaux forts que nous ne pouvons plus négliger». Dans ce sens, il a rappelé que l’outil marché public est davantage utilisé comme un instrument stratégique dans les politiques et également la politique de l’environnement qui constitue une menace réelle que vivent les pays a poussé également à accorder une attention particulière sur cette dimension.

«Les sessions à venir exploreront l’éventail complet des marchés publics durables»
Pour sa part, le directeur des Opérations de la Banque mondiale au Sénégal, Xavier Bonneau, a indiqué qu’en Afrique de l’Ouest, « les marchés publics représentent environ 11,5 % du PIB, soit un total d’environ 80 milliards de dollars dépensés chaque année en biens, services et travaux, selon l’institution Open Contracting. Dépensés à bon escient, ils représentent un important levier économique pour assurer le bien-être social et une croissance économique durable ».

Au cours de la dernière décennie, dit-il, «les gouvernements ont de plus en plus reconnu le potentiel des marchés publics en tant que catalyseur stratégique de la croissance économique et du bien- être social. Les achats publics durables transcendent l’idée d’un simple slogan ou d’un concept à la mode. Ils sont en train de devenir un principe clé de gouvernance».

Selon lui, cette formation est plus qu’un simple apprentissage. Parce que, a-t-il expliqué, «il s’agit de se préparer à apporter des changements positifs à nos organisations et à nos communautés. Les marchés publics durables sont au cœur du progrès environnemental, social et économique. Il est de notre responsabilité, en particulier dans les pays francophones d’Afrique de l’Ouest et du Centre, de montrer l’exemple en intégrant le développement durable dans nos pratiques d’approvisionnement». Il ajoute : «Nos objectifs sont simples : comprendre les règles et procédures qui régissent l’APD, enrichir nos compétences théoriques et pratiques, et intégrer efficacement les principes de durabilité dans nos processus de commande publique.»
Pour M. Bonneau, «l’objectif est de couvrir tous les domaines, du cadre législatif des achats durables à l’application des outils APD, en nous concentrant sur l’amélioration des compétences et l’évaluation de l’impact de nos actions. Cette formation est essentielle pour les personnes responsables de la gestion des fonds publics et de ceux en charge de leur régulation, car elle permet de s’assurer que nos pratiques d’approvisionnement produisent des résultats positifs sur tous les fronts».

Dans la même veine, il a informé que «les sessions à venir exploreront l’éventail complet des marchés publics durables. Vous passerez en revue l’ensemble du cycle d’approvisionnement, en apprenant à aborder chaque étape dans la perspective d’obtenir des résultats durables. Vous discuterez de la planification stratégique, de l’évaluation des appels d’offres et de la gestion des contrats, entre autres domaines clés».

FATIMA ZAHRA DIALLO