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ACHATS PUBLICS DURABLES : Des professionnels des marchés publics de l’Afrique de l’Ouest et du Centre outillés

La notion d’achats publics durables étend les critères de sélection à des aspects environnementaux, sociaux et économiques. L’intégration de ces principes dans les processus d’achat public est devenue une priorité, comme en témoigne l’initiative de former les spécialistes des marchés publics à ces pratiques.

Aujourd’hui, avec la notion d’achats publics durables, les critères de sélection vont au-delà de la simple recherche du meilleur rapport qualité-prix. C’est dans ce contexte que s’est tenue, hier à Dakar, une formation sur la commande publique durable. Elle est destinée aux spécialistes des marchés publics des organes de régulation et de contrôle de la commande publique, ainsi qu’aux représentants des agences d’exécution des projets de la Banque mondiale de l’Afrique de l’Ouest et du Centre. « Les achats publics durables se présentent aujourd’hui comme un concept stratégique visant à intégrer les considérations économiques, sociales et environnementales dans le cycle de vie des marchés publics », a déclaré Saër Niang, le directeur général de l’Autorité de régulation de la commande publique (Arcop) du Sénégal, à l’ouverture de la formation. Il a ajouté que les achats publics durables présentent d’énormes avantages et épousent les objectifs de développement durable qui visent « à mettre fin à l’extrême pauvreté et à stimuler la prospérité sur une planète vivable » et s’est réjoui que le Code des marchés publics du Sénégal consacre les achats publics durables qui reposent sur trois piliers : économique, social et environnemental.

Le pilier économique garantit un accès privilégié des petites et moyennes entreprises et des acteurs de l’économie circulaire à la commande publique ; le pilier social facilite l’accès à l’emploi pour les groupes vulnérables comme les femmes et les jeunes ; le pilier environnemental met l’accent sur des normes à intégrer dans tous les aspects essentiels des achats publics durables en privilégiant notamment des biens et services écoresponsables, en limitant les déchets et en encourageant l’économie circulaire. Les achats publics durables stimulent également l’innovation en encourageant les entreprises à développer des produits et services durables.

Selon l’institution Open Contracting, les marchés publics représentent, en Afrique de l’Ouest, envi- ron 11,5 % du Produit intérieur brut des pays de la sous-région, soit quelque 80 milliards de dollars dépensés chaque année en biens, services et travaux. « Dépensés à bon escient, les achats publics durables représentent un important levier économique pour assurer le bien-être social et une crois- sance économique durable », a affirmé Pierre Xavier Bonneau, directeur des opérations de la Banque mondiale au Sénégal, affirmant que les achats publics durables transcendent l’idée d’un simple slo- gan ou d’un concept à la mode. « Ils sont en train de devenir un principe clé de gouvernance », a-t-il insisté, précisant que la Banque mondiale a intégré cette réalité dans sa vision renouvelée.

Cette formation a pour but d’aider ces spécialistes des marchés publics à avoir une compréhension approfondie des concepts clés du développement durable et de leur application dans le contexte des marchés publics. L’objectif est de les outiller afin qu’ils puissent développer les capacités nécessaires pour identifier, intégrer et évaluer des critères environnementaux, sociaux et économiques pertinents dans les procédures d’achat. Ainsi, ils pourront mettre en œuvre des pratiques d’achat durables tout au long du cycle d’achat, de la définition des besoins à l’exécution du contrat.

Cette formation est une initiative conjointe de la Banque mondiale et de l’Autorité de régulation de la commande publique du Sénégal. Deux institutions qui estiment que l’intégration des principes de la commande publique durable dans les processus d’achat des entités publiques peuvent contribuer à « un avenir plus prospère et plus durable pour tous ».

Mamadou GUÈYE